Sport : Budimbu s’attaque aux vieux démons de la gestion

Sport : Budimbu s’attaque aux vieux démons de la gestion

Entre contraintes budgétaires, réhabilitation des infrastructures et lutte contre les pratiques opaques, Didier Budimbu assure vouloir remettre de l’ordre dans la gestion du sport congolais. Le ministre des Sports et Loisirs détaille les chantiers engagés et affirme avoir renforcé le contrôle du versement des primes aux athlètes.

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Florence Zaina
07 septembre 2026
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Entre contraintes budgétaires, réhabilitation des infrastructures et lutte contre les pratiques opaques, Didier Budimbu assure vouloir remettre de l’ordre dans la gestion du sport congolais. Le ministre des Sports et Loisirs détaille les chantiers engagés et affirme avoir renforcé le contrôle du versement des primes aux athlètes.

Le chantier est immense, les moyens restent limités. Didier Budimbu ne le nie pas. Interrogé sur l’état des infrastructures sportives en République démocratique du Congo, le ministre des Sports et Loisirs invoque notamment le contexte sécuritaire et les contraintes financières qui pèsent sur les dépenses publiques.

« Il y a un problème de finances parce qu’il y a une guerre qui nous est imposée », explique-t-il, estimant que les ressources de l’État doivent également répondre aux impératifs liés à la situation sécuritaire du pays.

Pour autant, le ministre assure que plusieurs dossiers ont déjà avancé. À Kinshasa, l’aire de jeu du stade des Martyrs a été changée et des travaux ont également été réalisés au stade Tata Raphaël.

La province n’est pas oubliée. Budimbu annonce notamment la signature de contrats pour la réhabilitation du stade et du complexe omnisports de Kisangani, avec l’ambition de permettre à la ville de disposer d’infrastructures adaptées.

Autre projet annoncé : la transformation de nombreux petits terrains situés notamment dans les camps militaires. Le ministère prévoit de les équiper progressivement de pelouses synthétiques afin d’offrir davantage d’espaces de pratique aux jeunes sportifs.

Le ministre entend également se rendre dans plusieurs provinces pour évaluer directement l’état des infrastructures. Une mission destinée à établir un état des lieux et à proposer au gouvernement les réhabilitations jugées prioritaires.

« Je vais effectuer une mission à travers le pays, à travers nos provinces, pour voir l’état de certaines infrastructures, pour faire un rapport au gouvernement et voir comment financer la réhabilitation », assure-t-il.

Mais derrière les infrastructures se pose une autre question, plus sensible : la gestion des finances du sport.

Sur ce terrain, Didier Budimbu affirme avoir instauré de nouvelles règles concernant notamment les primes des athlètes. Désormais, le ministère veut privilégier les virements bancaires ou, lorsque le paiement en espèces est nécessaire, une remise individuelle directement aux bénéficiaires.

Le principe affiché est simple : chaque athlète doit pouvoir recevoir personnellement ce qui lui revient, et l'administration doit être en mesure d'en apporter la preuve.

« Quand les clubs ou quoi sont en déplacement, on s'arrange pour que nous puissions avoir la preuve que chaque athlète a pu toucher sa prime », explique le ministre.

Une manière, selon lui, de mettre fin à certaines pratiques du passé où les primes pouvaient transiter par des intermédiaires avant d'arriver aux sportifs.

« Ça, ça n'existe plus », affirme-t-il.

Pour les autres dépenses, notamment dans le football, le ministère dit également vouloir limiter la gestion directe des fonds. Des entités prennent en charge certaines dépenses — hôtels, déplacements ou logistique — avant d'être remboursées par le gouvernement sur la base des montants effectivement engagés.

La question de la transparence finit forcément par arriver sur la table. Interrogé directement sur l'existence de rétro-commissions dans ces mécanismes, Didier Budimbu se montre catégorique.

« Non, non, ça, ça n'existe plus », répond-il.

Un engagement qui place désormais le ministère face à une exigence : transformer ces nouvelles règles de gestion en résultats durables et vérifiables.

Entre la réhabilitation des grands stades, la création de nouveaux terrains de proximité et la volonté affichée de mieux contrôler les dépenses, le ministère des Sports assure avoir engagé un changement de méthode. Reste désormais à mesurer, sur le terrain, l'ampleur de cette transformation.

Tags : #Sport
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Florence Zaina
Journaliste

Rédacteur sur ZMediaCom

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