Malgré une troisième place inédite au championnat de l'Entente de football féminin de Kinshasa, le FCF Amani ne renonce pas à ses ambitions. Bien au contraire. Au micro de Zmedia, son secrétaire général Henock Ntambwe assume cette saison de transition et défend le choix du club de miser sur la formation plutôt que sur le recrutement.
Habitué à terminer en tête de l'Entente, Amani a vu plusieurs de ses cadres quitter le club ces derniers mois. Face à cette situation, les dirigeants ont pris une décision forte : reconstruire l'équipe autour des joueuses formées en interne.
Aujourd'hui, l'effectif affiche une moyenne d'âge de seulement 16 ans, symbole d'un projet résolument tourné vers l'avenir.
« Beaucoup disent qu'Amani n'a plus de joueuses de haut niveau. Nous leur demandons simplement de nous laisser le temps. Nous avons choisi de construire avec nos jeunes », explique Henock Ntambwe.
Cette politique commence déjà à produire ses premiers effets. Le centre de formation du club, encore récent, a permis de détecter une cinquantaine de jeunes filles à travers la ville de Kinshasa.
Le dirigeant rappelle également que le bilan du club reste largement positif depuis sa création. Amani a remporté plusieurs trophées, dont la Coupe du Congo, et est devenu le premier club féminin congolais à représenter la RDC en compétitions interclubs de la CAF.
Au-delà des performances sportives, Henock Ntambwe s'inquiète toutefois de la situation générale du football féminin en RDC.
Selon lui, les difficultés sont nombreuses : manque d'organisation, insuffisance des moyens financiers, faiblesse de l'encadrement technique et absence d'infrastructures adaptées.
« Il n'y a pratiquement rien qui fonctionne. Nous avons besoin d'un véritable championnat comme chez les hommes, pas d'une compétition regroupant seulement huit équipes pendant quelques jours », déplore-t-il.
Il cite également le cas du FCF Amani, qui compte près de 80 joueuses sans disposer d'infrastructures suffisantes pour les entraîner dans de bonnes conditions.
Autre problème soulevé : le manque d'entraîneurs qualifiés.
« Beaucoup d'encadreurs n'ont pas le niveau requis. Quant à ceux qui sont compétents, ils refusent souvent de travailler dans le football féminin parce qu'il n'y a pas de moyens financiers », regrette-t-il.
Henock Ntambwe espère que la nouvelle direction de la FECOFA accordera une attention particulière au développement du football féminin.
Enfin, alors que le mois de juillet touche à sa fin, le secrétaire général d'Amani s'inquiète de l'absence de calendrier pour le championnat national.
« Ce serait une grande déception si le championnat n'était pas organisé. C'est la seule voie qui permet de se qualifier pour les compétitions africaines. Amani veut retourner en Afrique. Et aujourd'hui, on peut se demander sur quelle base la RDC désignera son représentant à l'UNIFFAC, alors que le dernier champion du Congo n'existe plus. »
À travers cet appel, le dirigeant plaide pour une meilleure structuration du football féminin congolais, convaincu que l'avenir passe avant tout par la formation et une compétition nationale régulière.
Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter !
Soyez le premier à commenter cet article !